Catacombes de San Gennaro
- Site archéologique
- Site historique
- Prix: €5 - €11
- Horaires d'ouverture: Uniquement en visite guidée, départs toutes les heures de 10h00 à 17h00, fermé le mercredi
Histoire
Ce qui n'était, au IIe siècle, qu'un caveau funéraire privé appartenant à une riche famille napolitaine s'est développé au fil des siècles en un vaste réseau de galeries et de salles taillées dans le tuf tendre sous la colline de la Sanità, à Naples. Le niveau supérieur, appelé vestibolo superiore, conserve certains des décors les plus anciens de l'ensemble : des peintures de voûte de style pompéien tardif, peuplées de grenades, de guirlandes et d'amours, aux côtés de scènes bibliques comme Adam et Ève ou David et Goliath — la preuve que les pratiques funéraires chrétiennes, dans les premières générations d'utilisation du site, restaient imprégnées du langage visuel de leur environnement païen.
Tout changea avec l'arrivée des reliques de San Gennaro au niveau inférieur, qui attira évêques et membres de la noblesse napolitaine désireux d'être inhumés près du martyr dans l'espoir de bénéficier de sa protection. Autour de la tombe se développa une salle en forme de basilique à trois nefs, taillées à même la roche, et à côté la crypte dite des évêques, dont la voûte en berceau est ornée des portraits peints des tout premiers évêques de Naples — une galerie de visages qui fait des catacombes, au-delà de leur fonction de cimetière, l'un des témoignages les plus complets de la première communauté chrétienne de la ville.
Le saviez-vous ?
Parmi les peintures, les historiens de l'art considèrent un portrait de San Gennaro encadré d'une jeune fille et d'une femme, portant l'inscription « Sancto Martyri Januario », comme la plus ancienne image conservée du saint, datée de la seconde moitié du Ve siècle — des décennies avant qu'il ne s'impose dans l'imaginaire populaire comme le protecteur de Naples face au Vésuve lui-même. Dans la crypte des évêques, une mosaïque du Ve siècle représenterait San Quodvultdeus, évêque de Carthage réfugié à Naples après avoir été chassé par les Vandales — trace modeste mais révélatrice de la manière dont les bouleversements de toute la Méditerranée pouvaient rejeter jusque sur cette colline des membres du haut clergé.
Les catacombes doivent leur vie actuelle non pas à des archéologues, mais à un groupe de jeunes du quartier de la Sanità, qui fondèrent en 2006 la coopérative La Paranza aux côtés du curé local, Don Antonio Loffredo, bien décidés à transformer un site fermé depuis des décennies en une source d'emplois et de fierté pour l'un des quartiers les plus stigmatisés de Naples. Formés de zéro comme guides, restaurateurs et gardiens, les membres de la coopérative rouvrirent les catacombes au public en 2009, et leur réussite — reconnue bien au-delà de Naples — est depuis devenue un exemple souvent cité de régénération par le patrimoine.
Bon à savoir
Les catacombes ne se visitent qu'en groupe guidé, à raison d'un départ par heure entre 10h00 et 17h00, fermées le mercredi ; l'entrée se trouve à côté de la Basilica del Buon Consiglio, Via Capodimonte 13. Le billet standard donne aussi accès aux catacombes voisines de San Gaudioso, à quelques minutes à pied en plein cœur du Rione Sanità, valable jusqu'à un an après l'achat — inutile donc de voir les deux le même jour.
Les visites durent environ une heure, en italien et en anglais, menées par des guides issus de la même coopérative qui a fait renaître le site et qui mêlent naturellement l'histoire du quartier à celle du monument. Il vaut la peine de combiner la visite avec une promenade dans le Rione Sanità lui-même, en passant devant le Palazzo dello Spagnolo et le Palazzo Sanfelice, avec leurs escaliers théâtraux, et sous le Ponte della Sanità, plutôt que de considérer les catacombes comme une étape isolée.