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Pio Monte della Misericordia

  • Galerie d'art
  • Église et lieu de culte
  • 4.7
  • Prix: 8 € - 10 €
  • Horaires d'ouverture: Lun-Sam 10h00-18h00, Dim 09h00-14h30
Itinéraire
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Histoire

En 1601, sept jeunes nobles napolitains — parmi eux Cesare Sersale et Giovan Battista Manso, plus tard ami et mécène du poète Torquato Tasso — commencèrent à se réunir le vendredi à l'hôpital des Incurables pour apporter nourriture et réconfort aux malades. Leur œuvre caritative informelle grandit assez vite pour qu'en l'espace d'environ un an elle soit officiellement constituée sous le nom de Pio Monte della Misericordia ; la construction d'une église octogonale dédiée débuta alors, selon les plans de l'architecte Francesco Antonio Picchiatti — qui reprit le projet après le refus de Cosimo Fanzago — entre les années 1650 et 1670.

Le Caravage arriva à Naples en octobre 1606, fugitif de Rome après avoir tué un homme lors d'une rixe, et décrocha en quelques mois la commande la plus importante jamais confiée par la jeune confrérie. Plutôt que de peindre les sept œuvres de miséricorde en panneaux séparés comme initialement prévu, il les rassembla toutes, avec la Vierge à l'Enfant regardant la scène depuis le ciel, en une seule toile dense et baignée d'ombre ; il fut payé 400 ducats pour Les Sept Œuvres de Miséricorde à son achèvement en janvier 1607, et elle est restée accrochée au-dessus du maître-autel, pratiquement sans interruption, depuis lors.

Le saviez-vous ?

Les Sept Œuvres de Miséricorde fait partie des très rares grandes œuvres du Caravage encore visibles exactement à l'endroit pour lequel elles furent peintes — en plus de quatre siècles, elle n'a quitté l'église qu'à de très rares occasions, et toujours brièvement, pour restauration ou pour une exposition majeure en prêt. Cette permanence explique en partie pourquoi le tableau est tant admiré des spécialistes : il peut encore être étudié dans la lumière et à la hauteur mêmes que le Caravage avait prévues, plutôt que reconstitué sur un mur de musée.

Faire tenir les sept œuvres de miséricorde — nourrir les affamés, désaltérer les assoiffés, vêtir les nus, héberger les pèlerins, visiter les malades, visiter les prisonniers et ensevelir les morts — sur une seule toile était considéré à l'époque comme une commande quasi impossible ; le Caravage la résolut en faisant jouer à certaines figures un double rôle : un aubergiste invitant un pèlerin à entrer abrite en même temps un sans-abri, et un jeune homme partageant son manteau avec un mendiant illustre à lui seul deux œuvres distinctes — une condensation narrative que les peintres postérieurs ont étudiée sans presque jamais l'égaler.

Bon à savoir

L'église et la pinacothèque observent des horaires réduits le dimanche, jour où la messe est prioritaire ; une visite en matinée du lundi au samedi offre donc le moment le plus tranquille devant le Caravage. Un seul billet donne accès à la fois à l'église du rez-de-chaussée et à la pinacothèque de peinture baroque napolitaine à l'étage, généralement bien plus calme que la salle du dessous.

L'œuvre de charité restant une institution active et non une simple pièce de musée, une partie du prix du billet continue de financer le même type d'aide hospitalière, carcérale et sociale que les sept fondateurs s'étaient donné pour mission d'apporter en 1601. Le site se trouve à quelques minutes à pied du Duomo et de la chapelle du Trésor de saint Janvier, ce qui permet de le combiner facilement dans une même matinée le long de la Via Duomo.